Rafaele's circus

Ma vie est un cirque : entrez sous le chapiteau et prenez part au spectacle !

14 septembre 2007

Qui chante pendant l'été danse pendant l'hiver (Ésope)

t_ma_s_2En été, ils nous vendent de l'eau puisée à même les fontaines de Paris. En automne, ils font griller de gros épis de maïs dans des poêles de fortune. En hiver, ils nous offrent une poignée de marrons chauds à chaque coin de rue. Mais que font-ils au printemps ? Ils nous parent de colliers de jasmin et nous présentent des roses colorées dans les restaurants de la capitale.

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05 mars 2007

Terminus, tout le monde descend !

DSCF0407aProvinciaux en transit ou fraîchement débarqués à Paris, quoique vous fassiez pour vous fondre dans la masse des Parisiens, on vous débusquera toujours car vous ne ferez jamais rien comme les habitants de la capitale. J'en veux pour preuve cette habitude purement parisienne que possède bon nombre d'usagers du métropolitain. Il s'agit en réalité "d'habitudes", avec un s, tant sont nombreux les travers des parisiens dans notre vieux métro. La plus agaçante, à mon sens, est la suivante : imaginez... vous venez d'entrer dans le métro et vous apprêtez à dévaler l'escalier qui mène au quai d'embarquement (oui, on embarque dans une rame de métro comme on embarque dans un bateau). Vous venez à peine de commencer à descendre les quelques nombreuses marches qui vous séparent du tunnel que, déjà, vous entendez le métro arriver, les passagers sortir de la rame et l'alarme qui annonce la fermeture des portes sonner. En bon provincial non stressé que vous êtes, vous vous dites : "Pas grave, je prendrai le suivant !". Ce à quoi je vous répondrai : "Vous avez raison !". Mais pendant que  vous vous livriez à cette réflexion, vous ne vous êtes pas aperçu d'une chose : derrière vous, à côté de vous et devant vous, une foule de Parisiens courent pour attraper ce fichu métro. Car pour un vrai Parisien, rater le métro est la pire des choses qui puisse arriver dans la vie d'un usager. Qu'importe si une seconde navette est prévue dans les minutes qui suivent, il est toujours rageant d'échouer si près du but. Le plus drôle, quand on se trouve dans la rame, est de voir les portes se fermer au nez et à la barbe des usagers : il faut voir le dépit, le ressentiment, la haine presque, se dessiner sur les visages à l'ordinaire impassibles des Lutétiens. Ce n'est pas tout ! Quand vous prendrez le métro avec l'une de vos relations parisiennes pour une destination précise, il arrivera bien souvent que vous l'on demande : "En queue ou en tête ?". Ne vous offusquez pas ! Votre  compagnon de voyage ne vous propose pas d'essayer les 36 positions du Kamasutra sur les quais de la Ratp. Non il veut juste savoir : "Quand nous descendrons de la rame, la sortie que nous allons emprunter se trouve près de la tête ou de la queue du métro ?". Ce à quoi vous répondrez : "J'en sais rien moi !". Et je vous dirai : "Vous avez raison !". Car le Parisien est économe : économe des ses pas. Jamais, au grand jamais, il ne marchera dans les tunnels plus qu'il ne faut. Il faut avouer, à sa défense, que ces tunnels sont parfois longs, très longs, trop longs. Ainsi, dans la rue, il vous arrivera également de vous demander, après plusieurs jours d'expérience, quelle entrée de métro prendre afin d'éviter de piétiner inutilement dans les galeries sinueuses du plus grand des labyrinthes parisiens : Les stations Hôtel de Ville, Châtelet, Les Halles, Montparnasse-Bienvenüe, Franklin D. Roosevelt, pour ne citer que celles-ci, sont de véritables noeuds dans le sous-sol de la capitale, et, bien que rapprochées, deux entrées peuvent vous mener à l'un et l'autre bout du monde, ou presque.  Beaucoup d'entre vous trouveront le métro sale, encombré, malodorant. On vous répondra : "Eh bien prenez un taxi !". Et je vous dirai : "Ils ont raison !".

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21 février 2007

Société tu m'auras pas (Renaud)

wallpapers_prodent0h30. Je rentre chez moi, après une soirée réussie. Je prends le métro, je m'assoie et laisse, entre chaque station, mon regard flotter dans le vide. Mais, lors d'un arrêt, mes yeux sont attirés par un groupe s'affairant à l'une des extrémités du quai. Il sont jeunes, des garçons, des filles, tous agenouillés autour d'un monceau de papiers déchirés. À peine ai-je eu le temps de fixer cette image que le métro avait déjà repris sa course. Arrivé à la station suivante, un groupe du même acabit entre. Trois filles, trois garçons, une vingtaine d'années, tous français, propres sur eux, de parfaits petits étudiants. Deux d'entre eux sont très excités et rient beaucoup. Une des jeunes filles s'affale sur un strapontin, fatiguée. Un garçon se cramponne à la barre et semble lui aussi épuisé. Les deux derniers discutent entre eux. L'un des garçons tient dans ses mains un gros rouleau de papier déchiré : il s'agit d'une affiche publicitaire arrachée à son support et emportée comme un trophée. L'affaire désormais était claire : la BAP - la Brigade Anti-Pub - avait encore frappé. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la BAP s'est donnée pour mission de nous alerter sur les méfaits de la publicité. D'après la BAP, les couloirs et quais du métro parisien sont les sanctuaires les plus représentatifs d'une pollution visuelle qui abêtit nos esprits d'Occidentaux en mal de consommation. Certains soirs, les membres de la brigade se réunissent et partent à l'assaut des panneaux publicitaires du métro. Ils déchirent, lacèrent, tagguent et presque rien ne leur résiste. La RATP a déjà fait condamner ces Don Quichote, mais rien ne semble atteindre leur volonté d'en découdre avec la publicité. Je ne sais s'il faut cautionner ces actes : on a le combats qu'on veut bien avoir. Mais je suis resté là à les contempler de longues minutes en me demandant ce qui pouvait bien les motiver. J'ai regardé leur visage, puis me suis attardé sur leurs vêtements, neutres volontairement. Mais quelle ne fut pas ma surprise en scrutant avec attention leurs chaussures de voir qu'il y avait là rassemblées... trois paires de Converse, une paire de Kickers, une paire de Puma et une paire de Caterpillar. Parvenu au terme de mon voyage, je suis descendu sur le quai, j'ai regardé un immense panneau publicitaire et, intérieurement, j'ai ri en les imaginant crier sur les quais : Non, non, non la pub ne passera pas par moi !

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04 février 2007

Paris sera toujours Paris (Maurice Chevalier)

luxembourgÀ Paris, on ne fait rien comme en province : c'est là une évidence que je n'aurai pas le front de soutenir devant vous. Mais comment reconnaît-on un Parisien d'un provincial ? À son langage ! Un Parisien (vrai natif ou exilé) n'emploiera jamais les mêmes mots qu'un provincial fraîchement débarqué ou qu'un visiteur en goguette pour désigner les monuments de sa chère capitale. Ainsi, on vous ne dira pas Veux-tu te promener avec moi dans les jardins du Luxembourg ? mais : Veux-tu te promener avec moi au Luco ? Avouez tout de suite que ça a une autre gueule ! De même, on ne vous dira pas : Viens, faut qu'j'achète des trucs aux Galeries Lafayette ! mais : Viens faut qu'j'achète des trucs aux GalFa ! Waouh : la classe ! Enfin, si l'un de vos amis parisiens vous dit : Allons à L'IMA ou au Troca, ne croyez pas qu'il vous emmène au Pérou ou aux Puces ! Non, il vous emmènera à L'Institut du Monde Arabe ou au Trocadéro. Oui, vraiment, ça c'est Paris !

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