25 mai 2008
Veux-tu que je te dise : gémir n'est pas de mise aux Marquises (J. Brel)
Je me suis tout de suite demandé pourquoi l'enveloppe était chiffonnée. Je n'ai pas fait attention au timbre et j'ai cherché quel pouvait bien en être l'expéditeur : mais nulle mention du correspondant au dos de l'enveloppe. Je l'ai décachetée : à l'intérieur, trois fleurs blanches dégageaient une forte odeur sucrée (je ne connaissais pas ces fleurs et c'est seulement bien après je que j'ai appris qu'il s'agissait de fleurs de tiaré). J'ai retourné la missive parfumée et regardé le timbre dont j'avais négligé l'existence quelques minutes auparavant : il ne s'agissait pas d'un timbre émis en métropole comme je l'avais crû au premier regard, mais d'un timbre polynésien représentant un jeune Tahitien. Restant tout interdit devant ce présent que je n'attendais pas et son contenant, j'essayais de reconnaître - mais sans y parvenir - l'écriture de mon corbeau. La stupeur se fit plus grande encore quand je découvris sur le cachet de la poste la provenance exacte de ma surprise : Les Marquises.
13 mai 2008
Vivre, c'est vieillir, rien de plus (S. de Beauvoir)
Quand j'étais enfant, j'avais les cheveux si noirs que mon père m'appelait "mon p'tit nég' !". Puis, j'ai grandi et mes cheveux ont commencé à blanchir. À 23 ans, on n'hésitait pas à me le faire remarquer, tout en s'étonnant que cette marque du temps vienne si tôt. Moi, si fier des mes cheveux sombres, je répondais sur un ton agacé : "Merci ! J'ai vu !". Et alors qu'aujourd'hui mes cheveux ont la couleur du poivre et du sel, on me sort à tout bout de champ :"Génial tes cheveux ! C'est naturel ou c'est une couleur ?". Et moi, j'en reste comme deux ronds de flan !
