22 mars 2008
Trois déménagements valent un incendie (B. Franklin)
La première fois, c'était pour couper le cordon ombilical. La deuxième fois, c'était pour faire des économies. La troisième fois, c'était pour rendre service à la Nation. La quatrième fois, c'était parce que, jeune et plein d'illusions, je voulais vivre avec lui. La cinquième fois, c'était parce que, me faisant moins d'illusions, je voulais vivre seul. La sixième fois, c'était parce que, très amoureux, je ne pouvais vivre sans lui. La septième fois, c'était parce que, très en colère, je voulais lui montrer que je pouvais vivre sans lui. La huitième fois ... il n'y aurait pas eu de prochaine fois s'il n'y avait pas eu cette fois-là. Et pour la neuvième fois, il me faut déménager... et s'il me faut déménager encore, c'est parce qu'il faut bien continuer !
07 mars 2008
J'ai le diable au corps ou c'est Dieu (B. Fontaine)
Il était assis sur le strapontin, à demi penché vers ses camarades, et me tournait le dos quand je suis entré dans la rame. Le détail m'a tout de suite sauté aux yeux : son blouson, légèrement remonté sur les hanches, laissait entrevoir son boxer rayé. J'ai pris place à ses côtés et n'ai pu m'empêcher de laisser mon regard divaguer dans le creux de son pantalon. En face de moi, la dame au chapeau en léopard m'observait. J'étais si absorbé par ce morceau de tissu coloré que je ne la vis pas m'espionner. Lorsqu'enfin mon visage croisa le sien, elle esquissa un sourire. Gêné, et les joues fortement empourprées, je me réfugiais dans la contemplation d'un Mozart à lunettes collé sur la vitre du métro.
