Rafaele's circus

Ma vie est un cirque : entrez sous le chapiteau et prenez part au spectacle !

02 juillet 2008

Le sage sort le crabe de son trou avec la main d'autrui (Proverbe italien)

crabe_mollet_separation_des_membres_du_corps_J'étais assis sur la banquette arrière de la voiture et je tenais un crabe dans la main droite. Soudain, le crustacé se mit à me pincer très fort, si fort que j'agitais la main dans tous les sens afin de la dégager de ce mauvais pas. Mais la tentative était vaine. Alors, de ma main gauche, je saisis la carapace et l'écrasai de toutes mes forces, probablement décuplées par la douleur. Ne restaient plus ainsi dans ma paume que branchies, viscères et liquide formant une infâme bouillie verte.

Posté par Rafaele à 23:52 - Not Truth, Only Fiction ! - Commentaires [3] - Permalien [#]

30 juin 2008

Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre (J.-J. Rousseau)

447032579_fdcb40a50b_mIl y a peu j'ai reçu une lettre sur laquelle était écrit : "Rendez-vous au théâtre de bois et quand vos yeux auront percé le noir de la scène, je viendrai à vous masqué !". Je me suis assis dans les tribunes, parmi les spectateurs et j'ai attendu. Lorsque la pénombre et le silence se sont installés, mon coeur s'est mis à battre. J'étais inquiet, anxieux. Puis il est apparu glissant de derrière le rideau cramoisi. Un masque rouge cachait son visage. Il a déclamé son texte et moi j'étais fier de lui. Je le trouvais beau et j'aurais pu tomber amoureux de lui, si cela n'avait déjà eté fait. D'ailleurs je crois que ce soir-là j'ai retrouvé les yeux du transi qui, l'année précédente, répétait au comédien qu'il aimait :"Tu es beau ! tu es beau !". Je crois que ce soir-là les sentiments que j'avais violemment réprimés une après-midi de colère auraient pu renaître....

Ps : Quelques jours plus tard, j'appris que dans la salle se trouvait également celui pour qui battait le coeur de mon saltimbanque. Alors ma collègue chérie à qui je confiais mon infortune me répondit : "Cette fois les carottes sont cuites !".

Posté par Rafaele à 00:26 - Ma vie est un cirque - Commentaires [4] - Permalien [#]

L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient (Baudelaire)

dos2Depuis ma plus tendre enfance, je subis un phénomène épidermique que peu autour de moi (si ce n'est aucun - pour en avoir déjà parlé) connaissent. Cela m'arrive rarement, trop rarement d'ailleurs au vu des sensations que ce phénomène me procure. Je m'explique. Situation lambda. Je suis dans un train. Assise sur une banquette, une dame parle à sa voisine. J'écoute d'une oreille distraite le dialogue. Mais la voix de cette femme me berce, m'hypnotise presque. Bientôt je n'entends plus que le son de cette voix, détachée de toute logique de discours. C'est à ce moment précis que le phénomène apparaît : au centre de mon dos, en dessous des homoplates, prend naissance une sorte de frisson qui, rapidement, remonte le long de la colonne vertébrale jusqu'à la nuque, puis se propage au-delà de la nuque, jusqu'au milieu de mon crâne. Alors, je deviens comme un chat qui ronronne, sentant de bas en haut le frisson parcourir mon échine. La sensation se répète indéfiniment, tant que dure le dialogue qui me procure cette transe. Quand je sens que le phénomène va prendre fin, je suis capable de le simuler encore un instant. Puis tout s'arrête et je regrette déjà que cette jouissance, ce bien-être fût si court. Ce soir-là, quand elle me parlait du Lyon qu'elle connaît si bien, le phénomène s'est produit. Elle parlait, parlait et moi je frissonnais. Et je ne voulais pas qu'elle s'arrête. Alors je posais de courtes questions en espérant qu'elle développe au plus long ses réponses. Et elle le faisait. Si j'avais eu cette possibilité je crois que j'aurai pu léviter au-dessus du sol... Puis la sonnerie a retenti et tout a disparu. Alors j'ai souri à celle dont je venais de capter l'onde qui m'a fait frémir.

Posté par Rafaele à 00:12 - Not Fiction, Only Truth - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 juin 2008

La jalousie voit tout, excepté ce qui est (X. Forneret)

jalousie3Elle : Hola ! Je viens de recevoir un texto de mon chéri que je n'aime pas du tout ! Moi : C'est-à-dire ? Elle : Très sec dans son propos ! Moi : Fais voir ? ... Mouais ! Elle : Oh je n'aime pas ça : je vais l'appeler - Après l'appel - Elle : C'est bien ce que je pensais : il est jaloux ! Moi : Jaloux de quoi ? Elle : Jaloux de toi ! Et jaloux que je dorme ici ce soir ! Moi : Mais enfin, y'a pas de raisons ! Elle : C'est ce que je lui ai dit... Jaloux d'un homosexuel maintenant ! On aura tout vu ! C'est comme si j'avais un chien ! Il serait jaloux de mon chien si je dormais avec ? Moi : Gloups...

Posté par Rafaele à 23:28 - Not Fiction, Only Truth - Commentaires [1] - Permalien [#]

La vérité sort de la bouche des enfants (proverbe connu)

dj7nc9w3sn5Elle : Tu sais, Boubou, tout à l'heure, à Montparnasse on risque de croiser des chars ! Lui (9 ans) : Des chars ? Elle : Oui ! ceux de la Gay pride ! Lui : C'est quoi la Gay pride ? Elle : La fête des homosexuels ! Lui : C'est pour les homosexuels ou contre les homosexuels ? Elle et moi : Pour ! Lui : Et pouquoi Rafaele n'est pas sur un char ? Elle et moi : Pourquoi tu dis ça ? Lui : Parce que Rafaele l'est ! Elle et moi : Ah bon ? Lui : Oui, car il vit avec un Espagnol : les Espagnols sont charmeurs ! Elle et moi : rires Elle : Mais c'est son coloc' ça, ce n'est pas son petit copain ! Lui : Oui mais avec Rafaele on peut s'attendre à tout ! Elle : Et qu'est-ce que ça change ? Lui : Rien ! C'est Rafaele ! Moi : Ton fils est très intelligent ! Elle : Mon fils est très ouvert d'esprit.

Posté par Rafaele à 23:15 - Not Fiction, Only Truth - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juin 2008

On perd son âme dès lors que l'on ne peut pas faire le récit de ce qui a pu nous arriver (Ch. Potok)

La souffrance passée, reste le récit de ses peines. Parvenant à rassembler les morceaux de sa psyché fragmentée, je vais vous conter sa vie morte.

1. La bête s'était tapie dans l'ombre et me prit entre ses pattes.

ombre_20enfantQuand le mot "rupture" s'est échappé de sa langue et a raisonné dans sa bouche, quand il s'est inscrit sur son front sans que tu puisses en nier l'évidence, la colère s'est emparée de toi. Alors quoi ! malgré tous tes efforts, le jeu n'en valait plus la chandelle ? Drapé dans ta colère, aveuglé par le ressentiment, tu lui as promis la solitude : "Tu erreras désormais parmi les décombres de notre couple, quand moi, indigné par cette atteinte à ma personne, je serai enfin débarrassé de toi, tourment qui, depuis 3 ans, me rongeait tout entier et me vrillait le coeur !". Le tourbillon de la haine t'a emporté et tu as vomis sur lui ton venin le plus acide. Tu t'es levé et tu as marché à pas saccadés sur les branches de ton nid. Furies, Gorgones, Harpies s'étaient tapies dans ton ombre. Tu as tendu les bras, tu as fermé les poings et tu l'as maudit. Tu as tourné sur toi-même comme la coquille de noix qui file droit à l'égout, puis, arbre couché par la tempête, tu as fini par tomber. Tout autour de toi le silence s'est fait et ton cerveau s'est mis en veille. Ses regrets n'y pouvaient rien changer : la flèche qu'il avait décochée n'a pas raté sa cible ; ton coeur a volé en éclats et ton sang coulait maintenant à gros bouillon. Et posé dans la nuit noire, alors qu'il dormait encore à tes côtés, tu as questionné le silence qui ne te répondait pas. Les jours qui ont suivi t'ont vu t'enfoncer davantage alors que lui, arrimé au mât de sa sentence, tenait bon. Bientôt, son trouble a fait place à l'indifférence et tes pleurs ont cédé le pas à l'angoisse. C'est alors qu'elle est arrivée : la consolatrice, la bienveillante, celle qui panse les plaies et met du baume au coeur. Et, déployant ses ailes, elle a enveloppé ton corps meurtri. Tu l'as écoutée et ses paroles étaient claires. Elle t'a demandé de la suivre et son raisonnement était une évidence : "On ne construit pas sur un terrain marécageux ! D'autres terres fertiles accueilleront ton repos !". Alors tu as coupé toi-même ce qu'il restait de lien. Tu as fait tes bagages et n'as rien laissé. Tu as tout repris et n'as rien souhaité. Une porte s'est fermée, une autre s'est ouverte.

2. L'eau était troublée de sang et l'on n'y voyait plus rien.

melancolie

Parvenu au champ d'exil, tu as reconstruit ta demeure et soufflé sur les braises de ton avenir. Et d'une ardeur sans faille, tu as battu le fer de ton instinct de survie. C'est à cette seule condition, pensais-tu, que tu gagnerais ta liberté. Tu as posé pierre sur pierre : ton logis te semblait étroit mais il était ton nouveau pays. A chaque jour suffisait sa peine. Mais dans ta course vers l'infini, tu avais mal bâti et la charpente a cédé sous le poids de tes regrets. Qu'importe ! Tu as replanté le lendemain ce qui avait été piétiné hier. Mais il était solide le tombeau de ton amour, quand tu fermais les yeux, quand tu ne pensais pas, quand tu vidais ton esprit. Et elle s'imposait à toi l'image de ton amant chéri. Sa beauté irradiait. Il était l'icône que tu tendais à bout de bras. Et tu criais son nom, dix fois, cent fois. Tu clamais à qui voulait l'entendre que tu ne l'oublierais pas, que jamais tu ne l'oublierais ! Alors ton coeur s'est gonflé d'un nouvel espoir : tu as brisé tes chaînes et tu es reparti à la conquête. Mais en face, l'ennemi résistait, sa forteresse était imprenable. Aveuglé par le soleil qui te dominait, tu t'es battu comme un damné et tu as mugi comme un buffle. Mais les forces t'ont manqué et tu t'es écrasé dans la poussière. Tu es resté là, gisant dans ton lit de misère, attendant que sonne l'heure du prochain combat. Tu as prié pour qu'enfin vienne la victoire, mais elle n'est pas venue. Jamais elle n'est venue ! Alors, quand enfin tu as réalisé l'étendue de ton erreur, ton âme toute entière a plongé dans le grand étang de la douleur. Tu as gémis, tu as pleuré, ton ventre te brûlait et personne ne pouvait plus rien pour toi. Car ils avaient baissé les bras ceux qui t'entouraient de leur douce sollicitude : leurs chants lugubres ne pouvaient indéfiniment alimenter le ruisseau de ta tristesse. Le soleil s'est couché et a posé sur toi le bandeau de ce que tu nommes encore aujourd'hui injustice : tu vivras désormais dans le souvenir de ta gloire passée sans jamais parvenir à en rassembler les miettes.

3. On me recouvrit de terre et j'étouffais.

Andre__Seguin_Basculer_dans_un_abime_de_vide_mental_595_542A cet instant, seule la mort pouvait te délivrer mais tu étais trop lâche pour te porter atteinte. Alors, dans un suprême effort, tu as crié. Tu as lancé autour de toi un dernier appel. Des gens l'ont entendu et se sont approchés de toi. Ils ont porté ton corps et l'ont déposé dans leur sanctuaire. Ils t'ont entouré d'une affection sans nom et t'ont proposé l'oubli. Chaque jour, ils ont préparé pour toi la potion qui te délivrerait. Tu y as pris goût et l'espoir a gonflé tes veines. La vie a repris ses droits. Tu t'es surpris à rire et tu as renvoyé au dédale de sa vie ton étrange souvenir. Tu dansais dans la lumière du jour et tu dormais apaisé la nuit. Tu as loué les géniteurs de ta seconde vie. "Puissent-ils à tout jamais être béni pour leur amour et leur dévouement !" criais-tu. Tu marchais et tu marchais vite. Les jours passaient et les semaines. La lune luisait et le soleil resplendissait. Ils sont venus à toi les sourires de ceux qui te désiraient. Tu es allé vers eux et tu t'es blotti dans leurs bras. Tu as conjuré le mauvais sort et tu semblais victorieux. Jamais, ô grand jamais, tu ne laisserais quiconque barrer le chemin de ta vie. Heureux, tu étais confiant en l'avenir. Et voilà qu'est tombée la nuit : tu t'es glissé sur ta couche écoutant les battements de ton coeur s'alanguir. Mais tes yeux ont percé l'ombre et ont découvert soudain l'image fixe de celui qui a partagé ta vie. Alors a coulé sur toi une terre grasse, lourde et humide. Tu étouffais et tu as poussé un dernier cri. Tu as compris, mais il était trop tard : tu dors maintenant sous la chape épaisse de tes souvenirs. Une porte s'est fermée, mais une autre ne s'est pas ouverte. Ta vie est morte désormais et tu ne renaîtras pas.

Posté par Rafaele à 09:41 - Chronique d'un gâchis - Commentaires [1] - Permalien [#]

25 mai 2008

Veux-tu que je te dise : gémir n'est pas de mise aux Marquises (J. Brel)

319Je me suis tout de suite demandé pourquoi l'enveloppe était chiffonnée. Je n'ai pas fait attention au timbre et j'ai cherché quel pouvait bien en être l'expéditeur : mais nulle mention du correspondant au dos de l'enveloppe. Je l'ai décachetée : à l'intérieur, trois fleurs blanches dégageaient une forte odeur sucrée (je ne connaissais pas ces fleurs et c'est seulement bien après je que j'ai appris qu'il s'agissait de fleurs de tiaré). J'ai retourné la missive parfumée et regardé le timbre dont j'avais négligé l'existence quelques minutes auparavant : il ne s'agissait pas d'un timbre émis en métropole comme je l'avais crû au premier regard, mais d'un timbre polynésien représentant un jeune Tahitien. Restant tout interdit devant ce présent que je n'attendais pas et son contenant, j'essayais de reconnaître - mais sans y parvenir - l'écriture de mon corbeau. La stupeur se fit plus grande encore quand je découvris sur le cachet de la poste la provenance exacte de ma surprise : Les Marquises.

Posté par Rafaele à 22:14 - Not Fiction, Only Truth - Commentaires [4] - Permalien [#]

13 mai 2008

Vivre, c'est vieillir, rien de plus (S. de Beauvoir)

style_10Quand j'étais enfant, j'avais les cheveux si noirs que mon père m'appelait "mon p'tit nég' !". Puis, j'ai grandi et mes cheveux ont commencé à blanchir. À 23 ans, on n'hésitait pas à me le faire remarquer, tout en s'étonnant que cette marque du temps vienne si tôt. Moi, si fier des mes cheveux sombres, je répondais sur un ton agacé : "Merci ! J'ai vu !". Et alors qu'aujourd'hui mes cheveux ont la couleur du poivre et du sel, on me sort à tout bout de champ :"Génial tes cheveux ! C'est naturel ou c'est une couleur ?". Et moi, j'en reste comme deux ronds de flan !

Posté par Rafaele à 21:56 - Not Fiction, Only Truth - Commentaires [7] - Permalien [#]

08 avril 2008

Tant que vous n'avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis parisiens, vous n'avez jamais été embrassé (W. Allen)

Rame_20de_20metro_20_20parisien_20ligne_2011Et le métro roulait, roulait, et le couple d'âge mûr s'embrassait. Et le métro fonçait, fonçait, et le couple de jeunes s'embrassait. Et le métro chahutait, chahutait, et la maman embrassait la petite fille. Et le métro tanguait, tanguait, et personne pour m'embrasser.

Posté par Rafaele à 22:10 - Petites histoires de métro et autres RER - Commentaires [3] - Permalien [#]

Le papier est patient, mais le lecteur ne l'est pas (J. Joubert)

medium_Papier_Froisse_02_2Choix n° 1. On ne devrait pas déménager : au poids des cartons trop lourds s'ajoute celui de certains souvenirs qui feraient mieux de rester enfouis. En feuilletant au hasard les pages d'un petit carnet en papier recyclé fraîchement retrouvé, j'ai lu ces mots : "Mon chéri, je suis parti au train. Je te fais des gros bisous. Je t'appelerai pendant ces 4 jours. Je t'aime". Faut-il donc qu'à chaque déménagement je tombe sur les vestiges de mon passé. Déjà, il y a deux ans, un mot avait glissé d'un livre que je venais d'ouvrir. Je l'avais collé dans un journal intime accompagné de ces quelques paroles : "Le vent l'emportera, tout disparaîtra...". On ne devrait pas déménager !

Choix n° 2. On devrait déménager plus souvent : le nettoyage des tiroirs fait parfois surgir des souvenirs joyeux que la mémoire avait déjà oubliés. En feuilletant au hasard les pages d'un petit carnet en papier recyclé fraîchement retrouvé, j'ai lu ces mots : "Mon chéri, je suis parti au train. Je te fais des gros bisous. Je t'appelerai pendant ces 4 jours. Je t'aime". J'ai lu le papier comme on lit une vieille carte postale, avec détachement presque... Je me suis souvenu qu'il y a deux ans déjà j'avais fait la même découverte : un mot avait glissé d'un livre que je venais d'ouvrir. Je l'avais collé dans mon journal intime. Je l'ai relu, l'âme apaisée et le sourire aux lèvres. Il était accompagné de ces quelques paroles que je me suis mises à chanter : "Le vent l'emportera, tout disparaîtra...". On devrait déménager plus souvent !

Posté par Rafaele à 00:00 - Chronique d'un gâchis - Commentaires [2] - Permalien [#]



Page suivante »